La publicité agit de sorte à produire des images qui simulent la réalité tout en précisant qu’elles sont la réalité. La vérité, la seul tangible et qui plus est : la plus jouissif. La publicité produit à elle seule une très grande partie des images que nous consommons. La publicité trouble la perception de notre rapport à la réalité. Il réactive des fantasmes et des désires qui provoquent la consommation (le but de la publicité est évidement de vanté le produit désigné, pour le vendre), l’omniprésence et la diffusion massive paralyse notre système de perception du monde. La publicité n’a qu’un seul enjeu : faire vendre. Le message qu’elle produit n’est qu’un symbole. La publicité ne recherche pas l’échange ou la communication. La stérilité du message est une injonction autoritaire, que les normes ou le « bon sens »[1], régissent. La publicité est donc un processus extrêmement aliénant de mise à distance de la réalité. La publicité Dolce & Gabbana[i] par exemple, joue sur plusieurs terrains. Dans un premier temps elle chosifie et idéalise notre monde. Corps esthétisés, magnifiés et rêvés. Cette publicité montre des corps tendus, musclés, fermes et appétissants, chauds et charnels. Le paysage est géométriquement épuré. Dans un deuxième temps la femme est décrite comme un objet de désirs, les hommes sont puissances physiques. La publicité nous décris un monde d’une belle animalité, d’une sublime violence : d’un viol. Évidement la publicité scandalise pour mieux marquer, elle propose secrètement le désir pervers du viol. Et associe la marque au désir. Par ailleurs, sa plus grande perversion réside dans le faites qu’elle normalise l’acte qu’elle montre. Elle s’introduit frontalement dans notre réalité sans que nous puissions nous insurger contre elle. Au delà de sa puissance à contraindre, la publicité s’insinue de plus en plus dans l’art. La confusion entre les deux est bien évidement dommageable.
[1] Roland Barthes, Mythologies, éditions du seuil, 1957

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